Les
relations entre pouvoirs publics et associations
du secteur sont marquées par un passage
d'une logique de partenariat à une logique
de prestation de service. Une nouvelle régulation
dans le cadre de mécanismes de mise en
concurrence des acteurs et du développement
du procédé contractuel (commande
publique, contrats pluriannuels d’objectifs
et de moyens CPOM) est ainsi en train de s’installer.
Si le recours à la commande publique
et à la mise en concurrence du secteur
associatif de solidarité (par appels
d’offres ou appels à projet) semble,
côté collectivités publiques,
être paré de nombreuses vertus,
ses effets pervers semblent minimisés.
Ainsi, ce type de logique fragilise la capacité
d’initiative, d’innovation et de
détection des besoins sociaux assurée
par les associations et induit un changement
de perspective dans les relations entre associations
et collectivités publiques, et entre
les associations elles-mêmes.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte
d’incitation politique forte à
la restructuration du secteur afin de réduire
le nombre d’interlocuteurs pour l’administration,
notamment pour les discussions budgétaires.
L’outil privilégié de cette
recomposition est le CPOM. Comment alors parler
de véritable contrat et de relation équilibrée
lorsque la démarche et le contenu sont
quasiment obligatoires ?
Au sein de cette nouvelle
régulation et d’une mise en concurrence
entre associations, comment le secteur privé
non lucratif peut-il préserver ses
spécificités ? Comment les associations
de solidarité peuvent-elles se saisir
de ces outils et demeurer dans une démarche
partenariale, conciliant souplesse de gestion
et respect du projet et de la liberté
d’initiative et d’organisation
? Comment poursuivre les expérimentations
sociales et les détections des besoins
face à des commandes systématiques
dont la collectivité publique a l’entière
maîtrise ?
Intervenants :
Joël Roman, Philosophe et Editeur,
membre du comité de rédaction
de la revue Esprit Thierry Clément, Directeur
Général Adjoint chargé
de la Solidarité, Conseil Général
de l'Ain
Deux témoins associatifs : Laurent Giovannoni, Secrétaire
général de la Cimade Roland Janvier, vice président
du GNDA
Animateur : Carole Saleres,
Conseillère technique Europe/Vie associative,
Uniopss